Implantation d’un dispositif de stimulation du nerf vague : technique, indications, resultats, suivi des patients.

Dernière mise à jour : lundi 12 janvier 2015

 I. Introduction

La stimulation du nerf vague, apparue au début des années 1990, est maintenant une technique d’usage non exceptionnel : plus de 300 primo-implantations sont réalisées en France chaque année (source : société Cyberonics). Ses indications sont limitées à des épilepsies réfractaires qui ne sont pas du ressort d’une chirurgie curative. La technique chirurgicale est simple, et comporte des risques limités, pour peu que soient respectées quelques règles élémentaires de dissection du nerf et d’asepsie. Sélection et suivi des patients sont assurés par des neurologues épileptologues avec lesquels doit donc être instaurée une étroite collaboration.

Nous détaillerons ici successivement les indications, la technique chirurgicale, le suivi, les complications possibles et les résultats.

 II. Historique : description princeps et évolutions ultérieures

Les premières implantations de systèmes de stimulation du nerf vague ont été réalisées à la fin des années 1980, et les premiers résultats ont été publiés en 1990 (26). Le dispositif commercialisé par Cyberonics a été retenu par la FDA aux Etats-Unis en juillet 1997 pour le traitement de l’épilepsie. En France, le remboursement a été obtenu en 2005.

 III. Indications

Le stimulateur du nerf vague (SNV) est un traitement palliatif de certaines épilepsies réfractaires.
Le rapport de 2005 de la HAS retient les indications suivantes : « enfant ou adulte atteint d’une épilepsie avérée (crise enregistrée en EEG), invalidante et pharmacorésistante pour laquelle l’indication d’un traitement chirurgical intracrânien n’a pas été retenu. Les épilepsies pharmacorésistantes sont définies par la persistance de crises après deux ans de traitement adapté, c’est-à-dire ayant comporté au moins deux antiépileptiques à dose efficace » (18).

En pratique, on peut schématiquement résumer les indications ainsi :

  • Epilepsies généralisées non idiopathiques de l’enfant : syndrome de Lennox-Gastaut, syndrome de Doose, syndrome de West notamment ;
  • Epilepsies partielles réfractaires pour lesquelles la chirurgie a été récusée au terme d’un bilan EEG-vidéo voire d’un EEG intracranien ;
  • Epilepsies généralisées réfractaires ;
  • Situations d’échec après chirurgie d’une épilepsie ;
  • Enfin, l’implantation d’un stimulateur du nerf vague peut-être proposée à un patient qui refuse la chirurgie.

Aux USA, ce dispositif fait également l’objet d’une indication dans le traitement de la dépression sévère, récurrente, uni ou bipolaire, approuvée par la FDA depuis 2005.